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Index des auteurs

mercredi 27 avril 2011

La mort, entre autres - Philip Kerr

Livre de Poche, février 2011, 563 pages
C'est avec grand plaisir que je retrouve Bernie Gunther, ex-détective allemand. Pour ce nouvel opus, le lecteur est plongé dans l'Allemagne post-IIIème Reich, environ 5 ans après la fin de la guerre. Bernie ex-flic, ex-détective, se remet tant bien que mal. Seul, il "tient" l’hôtel de son beau-père à Dachau. On a vu cadre plus agréable. Sa femme, Kirsten, est hospitalisée. Depuis la mort de son père, Kirsten a presque perdu la tête et se mure dans le silence. C'est lors d'une de ses visites à l'hôpital que Bernie décide de reprendre sa casquette de détective. Les affaires débutent plutôt bien. Spécialisé dans la recherche de personnes disparues, Bernie est très vite sollicité. C'est à ce moment que sa femme décède à l'hôpital des suites d'une grippe. Abattu dans son bureau, imbibé d'alcool, c'est avec peu de cordialité qu'il va accueillir une femme, belle et mystérieuse, qui risque bien de changer sa vie. Celle-ci est à la recherche de son premier mari, un bourreau SS. Elle veut savoir s'il est mort, ou pas, car elle souhaite se remarier.
Pour la suite... il faut tourner la première page. Mais attention, ce récit promet beaucoup de surprise!
Après la trilogie berlinoise, que j'ai simplement adoré (un peu moins la 3ème partie qui devient un peu tambouille au niveau de l'afflux des personnages), j'étais assez pressée de découvrir la suite du récit de Philip Kerr. L'auteur propose un roman noir, certainement digne des plus grands américains. Il propose un personnage principal plutôt ambigu, déconfit, grande gueule et fouineur; des personnages secondaires coriaces et mystérieux, un décor en noir et blanc sur fond de destruction et une atmosphère pesante et inquiétante.
Kerr dépeint également un tableau historique de manière très intéressante. Petit cours d'histoire au passage, même si ce n'est pas toujours évident de jongler avec tous les noms des personnalités évoqués. L'intrigue est plutôt bien ficelée et l'auteur ne ménage pas son héros. Une fois plongé dans l'histoire, difficile de se détacher du livre. La tentation est toujours plus grande de savoir comment Bernie va se sortir des draps dans lesquels il se couche.
Le style de Kerr est vraiment agréable à lire. Récit à la première personne, on suit les pérégrinations du narrateur. Un style fluide, pas lourd, entre-coupé de dialogues entre les protagonistes et de récits flash-back (en italique).
Bref, un roman vraiment agréable à lire, un polar bien torché, une intrigue qui tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page et des rebondissements palpitants.

Ma note : 4 étoiles

Et de 3 pour mon challenge God save the livre!
 

jeudi 21 avril 2011

Le clairvoyage - Anne Fakhouri

Atalante, Octobre 2008, 256 pages
Sympathique bouquin sorti tout droit de la bibliothèque de Acro, dans le cadre du "Livre voyageur". Un grand merci pour le prêt!
Incursion dans un roman jeunesse fantastique, quoique bien ancré dans le réel. Le Clairvoyage, c'est l'histoire de Clara, une fillette de douze ans, casée chez son oncle à la mort de ses parents. Un oncle, qu'elle ne connaît que très vaguement, marié à une femme (Bébé) un peu flou et qui est la cause de l'éloignement de ses parents. Courageuse et intelligente, Clara va laisser sa curiosité déborder les recommandations de son tuteur (Ne pas aller dans le grenier!). Ce n'est pas par pure contradiction, mais Clara a bien conscience qu'il se passe des choses bizarres chez son oncle, que ce soit dans la maison ou son entourage. Elle va faire la connaissance des deux belles soeurs (et leur boutique tout aussi mystérieuse), du neveu et d'un type qui laisse perplexe. Et si tout ça avait avoir avec le corbeau qui la suit constamment... Lancée dans une aventure épique, Clara va faire la rencontre d'un peuple tout droit sorti d'une pièce de Shakespeare. Amateur de référence, celle-ci n'est pas la seule.

 Conte initiatique, j'ai pris plaisir à découvrir "l'univers" créé par Anne Fakhouri. Petit à petit, on avance dans l'intrigue au gré des découvertes de Clara. On apprend en même temps qu'elle. J'ai un peu trainé certains passages en "longueurs", mais le style de l'auteur reste agréable à lire. Un roman qui s'adresse à la jeunesse, sans pour autant infantiliser son lecteur. Ce qui en fait un roman tout aussi agréable pour les adultes. Le tableau dépeint donne envie de se plonger dedans. (aah je rêverais de tomber sur la boutique des belles-soeurs).
Ce n'est pas mentionné sur l'édition, mais ce titre fait partie d'un diptyque. On le comprend à la fin évidemment. Une suite et fin que j'ai bien envie de découvrir!

Ma note : 3 étoiles

Le livre attend son prochain lecteur! Il est prêt à reprendre la route... suffit de le demander ici ou chez Acro !

Salut à toi, ô crépuscule - Ruth Francisco

Actes Noirs, octobre 2008, 397 pages

"Petit" format (en hauteur) de ma collection chouchou, un peu oublié dans ma PAL- vu que je pense l'avoir acheté dès sa sortie fin 2008 hum- je me suis enfin plongée dans ce roman de Ruth Francisco. Auteur que je ne connaissais ni d'Eve, ni d'Adam (en même temps, je n'ai pas la connaissance infinie des auteurs du monde entier), mais à vrai dire, je n'ai pas trouvé beaucoup d'informations à son sujet sur internet. J'ai pu, en effet, me rendre compte qu'elle était américaine, qu'elle avait étudié à New-York avant de s'installer sur la côté ouest (non, vous n'avez le générique d'un soap qui vous passe par la tête comme moi en ce moment), pour travailler dans le cinéma. Elle a également d'autres titres à son actif (dont une bio de Jacqueline Onassis).
La lecture de cet ouvrage entre en plein dans mon challenge Kill/PAL (challenge de longue haleine, étant donné que ma vitesse d'achat de livres est (était) beaucoup plus élevée que ma vitesse de lecture).

Ce polar n'est peut-être pas mon préféré de la collection, mais il m'a été tout de même de bonne compagnie!
Le résumé : Nous sommes à Los Angeles, Laura est une jeune femme plutôt charmante qui sort avec Scott, jeune agent immobilier plutôt macho. Tout roule, jusqu'au jour où Laura rêve que Scott la tue. Rêve prémonitoire... ou pas, Laura ne veut prendre aucun risque et décide de mettre fin à leur relation. Scott prend très mal la chose et ne l'entend pas de cette oreille. Il commence alors à lui mener la vie difficile, au point que Laura s'inscrit à des cours d'auto-défense.
Quelques temps après cet épisode, un pêcheur mexicain retrouve, de beau matin, sur la plage un bras, avec une bague au bout d'un doigt. N'ayant pas l'envie d'être mêlé à une affaire judiciaire, il attend patiemment qu'un autre quidam passe par là et fasse la macabre découverte. Il est néanmoins quasi certain que ce bras appartient à la jeune-fille (Laura) qu'il avait pris l'habitude d'admirer tous les matins à la fenêtre de son appartement, et qu'il n'avait plus vue depuis quelques jours.
L'agent Reggie est mis sur l'affaire. Obsédé par cette affaire, il va se mettre sa femme et ses supérieurs à dos pour trouver la clé du mystère. Facile à comprendre quand on sait que Reggie était le prof d'auto-défense de Laura. Pour le reste... je vous invite à lire le livre.
Mon avis : A la lecture du résumé, on est en droit de penser que l'intrigue est facile, droite et que le mystère n'est pas très mystérieux. Bien au contraire. L'auteur nous entraine dans un enchevêtrement de rebondissements qui nous fait perdre le nord. Le livre est découpé en plusieurs parties (5 si je me souviens bien), elles-mêmes découpées en "chapitres" qui donnent la voix aux différents protagonistes : Laura, le flic, le mexicain, Scott. L'auteur nous donne ainsi un point de vue différent du récit en cours. Cette pratique est intéressante car elle permet de découvrir tous les personnages, d'en savoir plus sur leur profil psychologique, de mieux les aimer ou de les détester encore plus. Ca m'a permis de m'accrocher à ceux-ci. Je ne serais pas contre retrouver la suite des aventures de Reggie (bon là je spoile le fait qu'il ne se fait pas tuer ;-) )
Néanmoins, je suis un peu restée perplexe à la fin (un point que je ne peux évidemment soulever ici, me semblait assez limite niveau cohérence). Sans entrer dans les détails, malgré le fait qu'on voit par les yeux des personnages, on ne sait quand même pas tout. D'une part, ça évite de rendre l'enquête "trop facile" pour le lecteur, d'autre part, j'ai été quelque peu déroutée.
Alors tactique de l'auteur ou emberlificotage du lecteur... J'attends vos avis!

Ma note : 3,5 étoiles

mardi 5 avril 2011

Kick Ass - Mark Millar & John Romita Jr

Grande première! Je viens de lire mon premier Comics en anglais! (enfin à mon souvenir, c'est le premier -puis en même temps, ça fait une belle accroche pour entrer dans la matière... mais je m'égare là).
Donc!
Lecture de Kick-Ass, sans doute mon premier Comics en VO, mais aussi, très certainement mon premier vrai comics book!
Bulletin d'information :
Ce titre entre dans le cadre du challenge totalement délirant de "God save the livre" lancé par Antoni (c'est ici). Avec ce second titre, j'entre dans la catégorie "Prince William" (5 livres lus) et le fait de l'avoir lu en VO me confère le statut de "Queen Mom"! Ce titre faisant également partie de mon challenge "Kill/PAL", me voici avec trois livres lus pour ce défi (défi qui idéalement serait de déglinguer toute la sélection de cette PAL (285 titres), mais qui serait plus réellement de l'entamer au maximum).
Fin du bulletin d'information.

J'ai découvert Kick-Ass via le film du même nom (par l'intermédiaire de Zhom : oui, ok, je vais regarder! Non je quitte pas le divan! Ok je ferme l'ordi et je ne chipote pas à côté).
Le film m'a vraiment bien plu. C'était divertissant et comique (bon, avec quelques passages un peu violent, d'accord, mais vu que j'ai plus de 18 ans, je peux regarder sans demander l'accord parental!).
En même temps, j'apprends que ce film est inspiré d'une BD. Moi fana de bouquins, je me dit "argh! Il me la faut", pour voir si elle a bien été adaptée. C'est lors du séjour à Londres que je concrétise cette envie! Hop là! Tiens, Kick Ass en VO! Ca me fera un bon exercice!
Je me suis plongée dedans, et je n'ai pas été déçue. Bien sûr c'est plus "court" que le film, mais il y a encore d'autres tomes (du moins un à ma connaissance).
Les dessins sont terribles!
D'abord, j'aime vraiment bien les comics pour le format du bouquin, ça change des BD "européennes". Ensuite, ce sont aussi ces pages remplies de dessins. Pas de cases prédécoupées avec marges blanches à la "Tintin". Ici toute la page est remplie, colorée. On en prend plein les yeux. Puis, le découpage des cases (comme pour le manga) donne une certaine dynamique aux images. La particularité de ces BD, c'est qu'on n'a pas l'impression d'être dans le "fixe". La plupart du temps, tout est mouvement (évidemment, sauf quand un des personnages fixe un scène et marque un arrêt sur image).
Ici les dessins me plaisent vraiment.
J'avais déjà voulu tenter l'aventure "Comics" avec Watchmen. Le format, les pages me plaisaient, mais en lisant les premières pages, je me rendais compte que j'allais avoir un peu de mal avec le trait du dessinateur (Dave Gibbons). Bon maintenant que je commence à me familiariser avec ce genre de BD... peut-être que je pourrais m'y tenter.
En zieutage : Walking dead, déjà un peu feuilleté, mais pas encore décidée (je pense emprunter le premier tome, histoire de voir si j'accroche).

Pour l'histoire : un jeune ado décide de devenir un super héros, mais ça ne se passe vraiment comme prévu. Lors de sa première sortie, il se fait royalement tabasser. Après quelques temps dans le coma, il se réveille, tout cassé de partout et blindé de plaques de fers.
Un peu refroidi, il se décide à ressortir dans son beau costume, une fois remis sur pieds. Et là, c'est la révélation. Alors qu'il vient en aide à un type, il se prend des coups (c'était un peu à prévoir), mais grâce à toutes ses plaques, il ne ressent pas la douleur. La scène est filmée et directement postée sur youtube. Le voilà projeté sur le devant de la scène. Persuadé qu'il peut "sauver" le monde, il se lance à nouveau dans une affaire. Celle-ci aurait pu très mal tourner si une petite fille n'était pas venue à son aide... en butant les gros balèzes auxquels il faisait face. "She was like Rambo meeting Polly Pocket". Hit-girl a tout d'un super héros, sauf l'âge et la taille.
Pour la suite, je vous laisse la surprise!

Bonne lecture!

Ma note : 3,5 étoiles

Titan Books Ltd, mars 2010, 192 pages

dimanche 3 avril 2011

Contes de la fée verte - Poppy Z. Brite

Je découvre Poppy Z. Brite version "nouvelles".
Un chronique qui me rappelle à l'ordre, car je n'ai toujours pas écrite ma note sur "Alcool", mon coup de coeur 2010 (lu en octobre).
Donc incursion dans le petit monde de Poppy Z.B., cet univers fantastique, glauque et putride que j'avais côtoyé lors de ma lecture "d'Ames perdues".
En entrant dans ce recueil, me voilà en terre un peu connue. La première nouvelle met en scène Ghost et Steve, les deux jeunes artistes du groupe Losts Souls, personnages centraux du roman "Ames perdues". C'est ce que je trouve plutôt sympa concernant les nouvelles quand elles sont exploitées ainsi. A l'origine du roman, l'histoire nous permet d'avoir un aperçu de la naissance du roman. La nouvelle peut-être également un épisode qui peut nous en apprendre plus sur le roman, ou sur une partie sous-entendue, ou..., ou...
Au final, une bonne entrée en matière. La première nouvelle est également à l'image, même si pas la pire, de ce seront les autres. Une plongée dans un univers décalé, bizarre, malsain. On fraye avec l'horreur, le fantastique et le gothique. Immergée dans le livre, le texte m'a donné plusieurs fois froid dans le dos!
Je ne me suis pas amusée de la même façon avec toutes les nouvelles. J'en ai trouvé certaines beaucoup plus géniales que d'autres. Mais en règle générale, c'était un bon moment de lecture.
L'écriture de Poppy Z. Brite est assez "poétique". L'horreur n'est pas décrite avec juste la volonté de dégouter. Je trouve qu'il y a une esthétisation de ces scènes "dérangeantes".
Quand je lis Poppy Z. Brite, je ne fais pas que regarder un paysage d'un oeil extérieur, je me sens vraiment intégrée dans l'univers, happée dans le récit, le décor s'installe autour de moi. On se déplace en Nouvelle Orléans (même si on y a jamais mis les pieds).
J'aime vraiment beaucoup cette auteur. Déjà, je trouve son nom plutôt terrible. Mais surtout, j'aime découvrir ses histoires. J'apprécie beaucoup cette partie fantastique et j'ai adooooré "Alcool".
Une auteur plein de ressources.
A suivre!

Je remercie vivement BOB et Gallimard pour le partenariat!

Ma note : 3,5 étoiles

Folio SF, janvier 2011, 265 pages